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L'Impact d'un Pétrole à 100$ sur la Croissance

Jeff Rubin - Peut-on encore s'attendre à voir une reprise économique alors que le pétrole, la principale source mondiale d'énergie, se négocie au-dessus de 100$?

Il y a quelques années, j'avais expliqué dans mon livre, «Demain un tout petit Monde", qu'un baril de pétrole à 3 chiffres va redéfinir notre notion de reprise économique. Dès que l'économie mondiale se redresse, les prix du pétrole tendent à grimper rapidement à des niveaux qui défient à nouveau la croissance.

L'année dernière est un bon exemple. Déjà lors de la deuxième année de rétablissement, après la plus profonde crise de la période de l'après-guerre, les prix du pétrole ont à nouveau augmenté rapidement. Ils ont atteint des niveaux qui, par le passé, avaient torpillé la croissance économique.

En 2011, le baril de Brent atteint une moyenne de 111$

Le Brent de la Mer du Nord, la référence mondiale de pétrole, est arrivé à une moyenne de 111 $ par baril en 2011. Cette nouvelle marque a battu en brèche le précédent record de 100$ de 2008. Ce pic avait été suivi par une énorme récession mondiale.

Le WTI (l'indice de référence nord-américain, le West Texas Intermediate), a augmenté de 20% par rapport à son prix moyen de 79 $ en 2010. Même avec le rabais qu'il a bénéficié sur le Brent, (parfois avec plus de 20$ le baril), le WTI reste en moyenne juste en-dessous de la barre des 3 chiffres à 95$ le baril.

Bien sûr, il y a toujours des facteurs particuliers pour expliquer les variations des cours: la révolution libyenne, la menace de l'Iran de fermer le détroit d'Ormuz ou une irak toujours plus déstabilisée.

Bien que tous ces événements posent certainement des menaces crédibles sur la production mondiale de pétrole, ils résonnent comme un bruit de fond, même s'ils dominent les premières pages des médias.

 

La demande continue sa progression

La véritable histoire derrière un prix du pétrole à 3 chiffres, ce n'est pas la menace sur l'offre, mais l'implacable progression de la demande mondiale de pétrole. Déjà proche des 90 millions de barils par jour, le rebond rapide de la consommation mondiale de pétrole (à de nouveaux records) démontre que l'économie mondiale ne peut pas grandir sans consommer de plus grandes quantités de pétrole.

Qu'importe le nombre de lapins que de l'industrie pétrolière peut sortir de son chapeau, que se soit les sables bitumineux de l'Alberta ou de pétrole de schiste de la Bakkens, l'approvisionnement n'arrive pas à suivre le rythme - du moins pas au prix où les consommateurs peuvent se permettre de le payer.

C'est le message que le pétrole a trois chiffres continue de nous dire.

Si l'expansion économique mondiale continue, troublé comme elle peut être, nous allons voir des prix du pétrole encore plus élevés en 2012.
Qu'est-ce que cela peut bien nous dire au sujet de la durabilité de la croissance?

Et même s'il y a de la croissance, quelle en sera le rythme?

 

Ecrit, en anglais, par Jeff Rubin
Traduction par Laurent Horvath, 2000Watts.org. Avec l'autorisation de Jeff Rubin  (Le Blog de Jeff Rubin et la version anglaise ici)

Retrouvez tous les jeudis la Chronique de Jeff Rubin sur 2000Watts.org

 

Vidéo: Jeff Rubin: La Chine et l'Inde

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