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Mais où se trouve le baril de pétrole à 200$ ?

Par Jeff Rubin - Il y a quatre ans, quand j'étais encore économiste sur les marchés mondiaux chez CIBC (Canadian Imperial Bank of Commerce), j’avais prévu que la croissance économique mondiale était sur le point d'envoyer les prix du pétrole à 200 dollars le baril d'ici 2012.

En bref, l'argument était fondé sur une analyse axée sur l'offre des sources d'approvisionnements futures de pétrole contre les coûts nécessaires pour leur extraction et le traitement de ce pétrole. Cette annonce (qui ne s’est pas réalisée) avait reçu une certaine attention à l'époque.

Malheureusement, cette analyse particulière n'avait pas suffisamment pris en compte l'impact étouffant que les prix du pétrole pouvaient avoir sur la croissance économique. À l'époque, une capacité limitée d'augmenter la production pétrolière mondiale, par rapport à l’emballement de la demande, signifiait que les prix n’avaient nulle part où aller à part  à la hausse. Comme les événements qui s’en suivirent le démontrèrent de façon spectaculaire, un prix du baril à 3 chiffres a eu un effet beaucoup plus critique sur la demande que l'incapacité de l’offre.

 

Le baril à 147$ a tué la croissance

Au moment où le pétrole a atteint les 147 dollars, l’impact économique a été plus que suffisant pour déclencher une réaction en chaîne, y compris aux Etats-Unis, ou la stimulation à la hausse des taux d'intérêts des prêts hypothécaires fît éclater la bulle et inaugurer la plus profonde récession mondiale de l'après-guerre.

Au lieu de marcher vers 200$ le baril, brusquement les prix du pétrole changèrent de cap et plongèrent sur le chemin des 40 dollars le baril.

 

De 147 à 40$ en quelques mois

La baisse des prix du baril a été pris, par certains, comme une preuve que le pétrole continuera à être tout aussi bon marché et abondant que par le passé.

Comme indique le retour rapide de l'or noir à la zone des 100$, cela n'est manifestement pas le cas. Mon appel à un pétrole à 200$ avait été lancé pour souligner l'énorme coût de la livraison mondiale des 90 millions de barils par jour.

Alors aujourd'hui, je maintiens mon analyse passée.
Le pompage de plus en plus de barils, nécessitera des prix toujours plus élevés. Il suffit de regarder ce qui s'est passé lorsque les prix du pétrole ont plongé. Dans les sables bitumineux de l'Alberta, 50 milliards de dollars d’investissements avaient été annulés ou reportés. L'histoire est sensiblement identique au large du Brésil et au Venezuela, deux pays qui vont jouer un rôle essentiel pour couvrir les des besoins de pétrole à l’avenir.

 

La Fin de la Croissance Mondiale

Mon mea culpa trouve ses racines dans ma sous-estimation des effets de la demande dans mon équation. Après que la croissance économique se soit effondrée, les prix du pétrole ont plongé à 40 dollars, stabilisant la demande mondiale.

Aujourd’hui, le même film est sur le point de se rejouer. Des récessions sont déjà en marche à travers toute l'Europe. La croissance économique en Amérique du Nord est terne. Pendant ce temps, le spectre des défauts de paiements de la dette souveraine dans la zone euro continue de peser sur les marchés financiers mondiaux.
De plus, nous assistons à une nouvelle forte baisse des prix du pétrole, non pas parce que le pétrole est abondant, mais parce qu’une fois de plus, le monde ne peut pas se permettre de rester en récession.

Qu'est-il arrivé à ma prévision de 200$ le baril de pétrole? Tout simplement, la fin de la croissance.

 

Ecrit, en anglais, par Jeff Rubin
Traduction par Laurent Horvath, 2000Watts.org. Avec l'autorisation de Jeff Rubin  (Le Blog de Jeff Rubin et la version anglaise ici)

Retrouvez chaque semaine la Chronique de Jeff Rubin sur 2000Watts.org

 

Vidéo: Jeff Rubin: La Crise Financière de 2008. Quel fut le rôle du Pétrole

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