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Nucléaire: AREVA brade à nouveau ses EPR

En présence du Premier Ministre indien, Manmohan Singh, du Président français Nicolas Sarkozy et de Dr. Srikumar Banerjee, Président de la Commission indienne de l’énergie atomique, AREVA et Nuclear Power Corporation of India Limited (NPCIL) ont signé le 6 décembre 2010, un accord portant sur la construction de deux réacteurs EPR, à Jaitapur, dans l’Etat du Maharashtra, ainsi que la fourniture du combustible pour 25 ans.  Voilà pour la version officielle Cocorico. Mais qu'en est-il réellement?

Après avoir signé avec la Chine, AREVA se voit ainsi dans l'obligation de vendre à perte 2 EPR (7 milliards d'Euro à la place de 10 milliards) et de fournir le précieux uranium pendant 25 ans. De plus c'est AREVA qui sera tenue financièrement responsable en cas d'accident. Pour AREVA qui cumule 6 milliards d'Euro de dettes, c'est la fuite en avant...

AREVA: 35% de Rabais sur la Vente de ses Réacteurs

"Les deux seront vendus pour un montant total d'environ 7 milliards d'euros", a estimé la présidente d'Areva, Anne Lauvergeon. "Il faut encore attendre quelques mois avant que cette vente soit signée", affirme l'Elysée. Pour tous ceux qui ont travaillé avec l'Inde, il est clair qu'Areva va devoir faire encore des sacrifices financiers et encore chercher au plus profond de ses poches pour plaire à NPCIL.

La Stratégie Nespresso

La stratégie intégrée d'Areva, décrite par sa patronne Anne Lauvergeoncomme «Nespresso» : Je vends la machine et je gagne sur les capsules. Ainsi AREVA vend ses EPR en pure perte dans l'espoir de faire son beurre sur la vente d'uranium et du traitement des déchets.

C'est là que le bas blesse. Alors que les prix de l'uranium sont en train de prendre l'ascenseur +20$ en 6 mois pour atteindre les 60$, AREVA propose de vendre son uranium à un prix de 73$ pour les 25 prochaines années.  Si vous prenez votre machine a calculer et votre boule de cristal vous risquez d'y voir un grand point d'interrogation.

Comment expliquer cette stratégie des managers d'Areva?
Comme disait un trader financier: "IBG, YBG" (In few years, I be gone, You be gone). De toute façon dans quelques années, je serai loin, tu seras loin. C'est bien le consommateur français qui va devoir passer à la caisse pour le plus grand bonheur de nos amis chinois et indiens.

Besoin Electriques Indiens

L'Inde, qui tire 70% de sa consommation d'énergie du charbon, souffre d'un déficit de production d'électricité d'environ 10%. Et les importations, qui constituent 80% de sa consommation énergétique, alourdissent son déficit commercial. L'Inde a abandonné son embargo sur le nucléaire en 2008.

Le projet se heurte toutefois à l'opposition des habitants de Jaitapur et d'associations de protection de l'environnement. Parmi eux, 1500 personnes ont manifesté dimanche, lors du deuxième jour de la visite de Nicolas Sarkozy. Elles refusent de céder leurs terres ou réclament de meilleures compensations financières. D'autres craignent pour leur sécurité. "Jamais autant de réacteurs ne seront concentrés sur un seul et même site. Le moindre accident serait d'une gravité inouïe", explique Arun Sharma, un des opposants au projet.

 

AREVA responsable en cas d'Accident!!!!

En cas d'accident, l'état Indien engage la responsabilité du fournisseur, en l'occurrence Areva, et non celle de l'opérateur comme le prévoient les accords de Vienne. Cette loi indienne est entrée en vigueur à la suite de l'explosion de l'usine chimique à Bhopal, en 1984, avait fait au moins 20 000 morts, et des milliers de victimes réclament toujours des indemnités.

Au vue de ces informations, on se réjouit déjà pour AREVA et nous leur souhaitons bien du plaisir!